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Masque COVID: l'avis de l'Académie Royale de Médecine

Publié le 2020/04/11 par Jean Andris

Masques COVID: l'avis de l'Académie Royale de Médecine

Une proportion importante de personnes atteintes de coronavirus ne présente pas de symptômes (elles sont « asymptomatiques ») et celles qui finissent par développer des symptômes (« pré-symptomatiques ») transmettent le virus à d'autres avant de présenter ces symptômes.

Le virus se propage entre des personnes à proximité par l’émission de gouttelettes minuscules porteuses du virus lors de conversations, toux, ou éternuements. Il reste infectieux pendant plusieurs heures dans ces aérosols. Il est essentiel de souligner que le maintien d'une distance sociale de 2 mètres reste important pour ralentir la propagation du virus.
La carence actuelle en masques FFP2 doit inciter à la fabrication de plus de masques sans dénier une protection à la population.
Le masque est une barrière physique protectrice qui, en fonction des circonstances et de l’environnement, pourra assurer un niveau de protection plus ou moins absolu.

On peut distinguer 3 situations

1. En milieu hospitalier, au contact des malades infectés et porteurs d’inoculum important de particules virales émises par gouttelettes ou aérosol. 
Le port d’un masque type FFP2 et FFP3 est une nécessité absolue. Il protège à 99%.
2. En contact avec des personnes en milieu non hospitalier dont on ignore si elles sont porteuses ou non du COVID-19. Il est impératif de porter un masque type chirurgical qui protégera le porteur du masque et la personne en face de lui.
La protection est de 89% et il est essentiel qu’il soit bien porté car il y a un risque de fuite.
3. Dans le public, et dans des circonstances de relation sociales extérieures à risque de contamination faible (transport en commun, activités récréatives, fréquentation de magasins, etc …), le port du masque dit « alternatif » est recommandé.
Les couvre-visages artisanaux en coton filtrent 70% des particules virales, une efficacité proche de celle des masques chirurgicaux (89%). Jusqu'à ce que des masques chirurgicaux soient disponibles en nombre suffisant, les masques en tissu (lavés une fois/j à 80°) sont un substitut efficace (1,2).

En conclusion

Face à cette pandémie, la recherche d’évidences scientifiques absolues peut être l'ennemi d'une bonne politique (3). Les masques alternatifs (1,2,4) sont simples, bon marché et efficaces. L’Académie royale de Médecine de Belgique considère que leur port par les malades isolés et par la population lors des contacts potentiellement contagieux (travail, shopping, transports en commun) pourrait avoir un impact substantiel sur la transmission, sans trop altérer la vie sociale et économique, particulièrement dans le contexte du déconfinement à venir.

RECOMMANDATIONS NATIONALES ET INTERNATIONALES
1. Face masks for the public during the covid-19 crisis   BMJ 2020; 369  doi: https://doi.org/10.1136/bmj.m1435 (Published 09 April 2020)
2. https://smartairfilters.com/en/blog/best-materials-make-diy-face-mask-virus/
3. https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/prevent-getting-sick/diy-cloth-face-coverings.html
4. https://epidemio.wiv-isp.be/ID/Documents/Covid19/COVID-19_RMG_Brief_MondMaskers_FR.pdf

*Le présent avis a été rédigé pour l’Académie royale de Médecine de Belgique par le Pr. Jacques Brotchi (ULB), Pr. Nathan Clumeck (CHU St-Pierre), Pr. Jacques Crommen (Président de l'Académie royale de Médecine de Belgique), Pr. Jean-Michel Foidart (Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Médecine de Belgique).